Quand le silence parle: Tics de langage, vide fertile et émergence de l’essentiel

Et si nos hésitations, nos ponctuations, nos petits « euh », nos silences n’étaient pas des maladresses mais des portes ? Dans cette nouvelle capsule de Graines de Sagesses, Aurélie et Pierre nous invitent à porter un autre regard sur ce qui se joue entre les mots : ces micro-instants souvent comblés trop vite, par peur du vide, par réflexe, par habitude. Une conversation qui explore un terrain subtil et profondément humain : la différence entre parler pour répondre et parler pour laisser émerger.

Le « euh » qui comble et rassure

Le populaire « euh », ce petit son presque invisible et inaudible, cette petite ponctuation qui passe souvent inaperçue, est omniprésent dans nos échanges. Il marque souvent l’instant où la pensée s’active, où le mental cherche une réponse attendue, socialement acceptable, cohérente avec ce que l’on croit devoir dire.

Le « euh » rassure. Il comble. Il évite le vide. Posez-vous la question: si on ne comble pas ce néant, ce vide, que se passerai-t-il ?

Le silence, un lieu de l’émergence ?

À l’opposé du bavardage automatique, des tics de langages automatique, la véritable conversation, faite d’une écoute active, nous conduit vers une autre expérience : le silence habité.

« Le silence, c’est le son de l’âme. »

Dans l’inconfortable silence, quelque chose change de nature. On ne cherche plus une réponse. On accueille juste ce qui vient.

« Ce n’est plus une logique de réponse, mais une place d’accueil de ce qui émerge. »

Le silence devient alors un espace vivant, fertile, parfois inconfortable au début, mais profondément nourrissant.

Notre société redoute-t-elle le vide ?

Si le silence met souvent mal à l’aise, ce n’est pas un hasard.

« Nous vivons dans une société où le bruit est devenu la normalité. »

Le bruit, l’urgence, cette cacophonie urbaine, la réaction immédiate nous ont éloignés de l’écoute fine de soi, de l’autre, de ce qui cherche à naître. Paradoxalement, comme le rappelle Aurélie en lien avec la médecine chinoise, le vide n’est pas un manque :

« Le vide, c’est la base. C’est notre composition. Un atome est constitué à 99,9 % de vide.» Et en même temps horror vacui, que l’on connaît mieux sous une autre forme, plus familière : « la nature a horreur du vide » nous rappelle quelque chose d’essentiel. Laissez un terrain à l’abandon, et observez : le vide ne reste jamais vide longtemps. Il se peuple, il s’organise, il se transforme. Le vide appelle la vie.

L’échange comme jeu et comme choix

Nous avons le choix. « Quand le “euh” se présente, c’est un carrefour. » Choisir de répondre depuis nos automatismes ou choisir de laisser infuser. Ni l’un ni l’autre n’est à rejeter. L’enjeu n’est pas de bannir le « euh », mais de ne pas en faire l’unique mode de relation.

“Euh”, et  la conclusion, alors ?

Cette vidéo n’apporte pas de méthode toute faite. Elle ouvre une proposition, une base de réflexion. Celle de ralentir. D’écouter autrement. De faire confiance à cette part de nous qui sait, avant même de formuler.

« Laissons de la place à cette part de nous qui sait. »

Si ces mots résonnent, si cette approche vous interpelle, alors peut-être est-ce le bon moment pour regarder la vidéo, vous laisser traverser par l’échange, et observer ce qui, en vous aussi, cherche à émerger.